Écrire le récit

Ce titre peut paraître évident, mais je l’ai placé ici pour vous montrer que l’écriture a proprement parler ne doit commencer qu’après avoir franchi toutes les étapes précédentes et, en particulier, celle consistant à créer le plan de votre récit.

Attention à respecter le réalisme dans vos écrits, en particulier dans le timing de votre histoire, le parcours de chacun, les connaissances acquises, leurs pouvoirs, les événements auxquels ils vont être confrontés.

Le timing de l’histoire

Si votre héros vient de se lever, l’esprit encore embrumé par une nuit d’ivresse, n’allez pas lui faire rencontrer la mystérieuse inconnue deux pages plus loin pour un drink au coucher du soleil ! Attention à respecter la chronologie entre les scènes, mais aussi leur durée. Un voyage en voiture Paris-Lyon ne peut pas durer quelques minutes. Si votre récit décrit en parallèle les péripéties de plusieurs personnages, le plus simple pour vous en sortir est de créer un plan. Une ligne par personnage. Créez une échelle graduée en heures et placez les événements propres à chacun sur votre schéma. Ainsi, vous créerez un scénario réaliste.

Le parcours de chacun

Là encore, pensez au réalisme. Exemple : le méchant essuie une tempête en traversant la forêt. Durant des heures, il se bat contre les éléments. Quelques heures plus tard, l’inspecteur se lance à sa poursuite, la pipe au bec et les Ray-Ban sur les yeux, sans même se mouiller les pieds !

Les connaissances acquises

Une autre faute classique dans un récit est d’attribuer à un personnage des connaissances concernant l’histoire qui se déroule sous les yeux du lecteur, sans qu’on sache comment ce personnage a pu les acquérir. Je vais caricaturer, mais on trouve un peu partout (dans les séries TV américaines par exemple) ce genre de bourde créée par le manque d’attention :

Imaginez que le méchant essaie de fuir la police en prenant tous les risques à bord de son bolide. Il grille les feux rouges, dérape pour entrer dans une ruelle et s’engage à toute vitesse dans un parking souterrain. Un bon quart d’heure plus tard, l’inspecteur Duflair arrive au volant de son vieux tacot et entre tranquillement dans le parking. Mais bon sang, mais c’est bien sûr ! Comment a-t-il pu savoir où aller ?

Les pouvoirs des personnages

Sauf si vous êtes en train de raconter la vie d’un superhéros, votre personnage préféré ne peut pas décemment avoir traversé le rideau de flammes d’un immeuble en feu et être revenu déposer l’enfant miraculeusement sauvé du brasier dans les bras de sa mère éplorée (quelle belle liste de poncifs !) sans même s’être dérangé son brushing ou son nœud de cravate (le noeud de cravate qui ne se dérange jamais, même au cœur des pires scènes d’action, c’est celui de 007).

Les événements que vivent vos personnages

Un héros peut parfaitement échapper à la chute d’une météorite, ou à un camion qui lui fonce dessus, ou encore au tir croisé de deux bandes rivales ayant fait irruption des ruelles de Harlem, mais… les trois événements dans la même journée, cela fait beaucoup ! Ce n’est pas le côté spectaculaire d’un événement qui fera le succès de votre récit, mais la façon dont le héros va réagir. N’oubliez jamais une règle d’or du récit : l’implication du lecteur.

Les actions et les caractères ont besoin d’être réalistes, d’exister dans la vie réelle, parce que votre lecteur va, inconsciemment ou pas, s’identifier à l’un des personnages de votre récit (généralement le personnage principal, bien entendu). Cela fait d’ailleurs partie des recettes de cuisine bien connues des scénaristes américains qui ne font pas dans la dentelle : on commence par rendre le méchant encore plus méchant en lui faisant commettre des actes contre des personnages pour lesquels on devra éprouver de la pitié (il leur arrivera donc d’horribles choses très tristes, à ces pauvres malchanceux). De cette façon, lorsque le héros tapera sur le méchant, personne ne dira : « Diantre, que ce héros est violent !  » et, au contraire, tout le monde pensera : « Ouais ! Vas-y  ! ‘Éclate-lui la tronche à cet enfoiré ! Il l’a bien mérité ! ».

Bref… Écrivez selon ce que vous ressentez, en vous mettant à la place de vos personnages pour imaginer comment vous auriez parlé ou réagi à leur place. Développez votre récit sans vous soucier du style, de l’orthographe ou de la mise en page. Ces étapes seront effectuées par la suite, lorsque votre fièvre créatrice se sera calmée, quelques centaines de pages plus tard !

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